Les collections d'Océanie du Muséum d'Histoire naturelle de La RochelleQuand la municipalité crée le Muséum en 1895, sa vocation est avant tout scientifique. Les collections océaniennes qui comptent aujourd'hui quelque 1650 pièces ne sont constituées qu'à partir du début XXe siècle et se démarquent de celles des autres musées français par leurs origines. À l'exception de la Nouvelle-Calédonie, plus de 80% des pièces sont issues d'anciennes colonies mélanésiennes allemandes et anglaises.
La création du département ethnographique au début du XXe siècle est une initiative du docteur Étienne Loppé, conservateur du Muséum de La Rochelle à partir de 1913. Membre de la Société de Préhistoire Française, sa démarche s'inscrit d'abord dans le courant "comparatiste" de l'époque qui étudie les cultures dites "primitives" pour mieux comprendre l'évolution de l'homme. En 1920, il dénombre 33 pièces ethnographiques dispersées dans les musées rochelais ainsi qu'à la bibliothèque. C'est insuffisant pour son grand projet d'exposition ethnographique permanente pour laquelle il va faire des acquisitions. Il va aussi bénéficier de dons et de dépôts de collections des XVIIIe et du XIXe de musées français, de collectionneurs ou encore de sociétés savantes.
L'apport de Rochefort aux collections du Muséum de La Rochelle. Avec son École de médecine navale et son hôpital militaire, l'activité du port de Rochefort était liée à celles des grandes campagnes d'exploration. C'était donc aussi un lieu de dépôt privilégié pour les objets collectés par les officiers et médecins de la Marine. C'est ainsi que l'on retrouve dans les collections de La Rochelle des pièces de personnalités rochefortaises comme les frères Lesson ou bien le chirurgien Ferdinand Gille à qui appartenait la célèbre statuette bicéphale acquise chez un antiquaire rochelais en 1945.
De l'ethnographie à l'esthétique. Plus tard, la démarche d'Étienne Loppé qui est aussi collectionneur rejoindra celle du courant artistique qui s'intéresse au début du XXe siècle à la dimension esthétique des pièces ethnographiques et donne naissance aux collections d'art extra-européen. Le conservateur rochelais tisse alors des relations étroites avec les marchands d'art des personnalités de l'époque comme le peintre Henri Matisse ou le poète Louis Aragon. En 1923, la plupart d'entre eux contribuent à l'exposition "Arts indigènes des colonies françaises" au musée des Arts décoratifs à Paris ainsi qu'à celles de la célèbre galerie surréaliste de Roland Tual. En 1931, Étienne Loppé fait des acquisitions d'objets océaniens lors de la vente à Drouot des collections d'André Breton et de Paul Éluard.
28 rue Albert 1er - La Rochelle centre - 05 46 41 18 25. Horaires et plus d'infos sur la page du Muséum en cliquant ici. L'Océanie à l'Hôtel Hèbre Saint Clément, musée d'art et d'histoire de Rochefort Les collections extra-européennes sont rassemblées au 3e étage de l'Hôtel Hèbre Saint Clément. Celles d'Océanie sont de deux types. La première, du XIXe siècle doit beaucoup aux frères Lesson, deux Rochefortais formés à l'École de médecine navale, René-Primevère et surtout Pierre-Adolphe qui a participé à de très nombreuses campagnes dans le Pacifique, en particulier avec Dumont d'Urville. Les explorateurs originaires de Rochefort ont aussi rapporté des pièces, en particulier des îles Marquises.
La collection kanak. Il existait également à Rochefort une collection kanak dont on ne connaît pas l'origine. Le conservateur Claude Stéphani a souhaité l'intégrer dans un parcours qui fait le lien entre la culture traditionnelle et la modernité. La création aborigène contemporaine reste marquée aussi bien par les techniques que la dimension spirituelle et sacrée des représentations ancestrales.
Autour des créations d'hier et d'aujourd'hui, des boomerangs, nacres ou de la grande case kanak qui est un dépôt du musée d'Angoulême, des présentations multimédias expliquent l'origine des objets les plus emblématiques. Ce fonds est régulièrement enrichi par des acquisitions d'uvres d'art contemporain du Pacifique. Cette démarche s'inscrit dans le cadre du partenariat, depuis la réouverture du musée après sa rénovation en 2006 avec le Centre culturel de Tchibaou de Nouméa en Nouvelle-Calédonie aussi bien pour la diffusion d'uvres que de l'accueil d'artistes calédoniens à Rochefort.
"Créations aborigènes australiennes", exposition jusqu'au 4 janvier 2008. Le musée d'art et d'histoire de l'Hôtel Hèbre de Saint Clément entretient également des liens étroits avec le Musée des Confluences à Lyon qui présente en avant-première à Rochefort jusqu'à la fin de l'année une sélection de peintures sur toile d'artistes aborigènes australiens contemporains. Cette sélection est complétée par des peintures écorces des collections rochefortaises.
63 avenue Charles De Gaulle à Rochefort, contact : 05 46 82 91 60. Infos pratiques. Pour les enfants : les ateliers les "Petits Z?Hèbre" cet été autour de l'exposition : "Didgeridoo" pour les 11 à 14 ans, mercredi 16 et jeudi 31 juillet de 14h à 18h. "Peinture aborigène sur écorce et bois" pour les 8 - 13 ans, jeudi 10 et mercredi 30 juillet de 14h à 17h30. Places limitées, pensez à réserver. Exposition "Création aborigène australienne" : à lire sur le site de la Ville de Rochefort.